Pénurie de kérosène due à la fermeture du détroit d'Ormuz : qu'est-ce que cela signifie pour votre vol cet été ?

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La fermeture du détroit d'Ormuz ne touche pas seulement le prix du pétrole. L'approvisionnement en carburant d'aviation vers l'Europe est également perturbé, et les compagnies aériennes se préparent à d'éventuelles annulations cet été. Que se passe-t-il exactement, et où en êtes-vous en tant que voyageur ?

Pourquoi le détroit d'Ormuz est si important

Le détroit d'Ormuz est un passage maritime situé entre l'Iran et Oman, large d'à peine 33 kilomètres en son point le plus étroit. Environ 20 % de la production mondiale de pétrole transite normalement par cette route, dont une part importante du kérosène qui approvisionne les aéroports européens. Depuis le déclenchement du conflit au Moyen-Orient, le passage est quasi bloqué.

Le dernier pétrolier de carburant d'aviation en provenance du Golfe Persique est arrivé au port de Rotterdam le 9 avril 2026. De nouvelles livraisons par cette voie ne sont pas prévues pour l'instant.

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Combien de carburant consomme un avion ?

Les avions consomment bien plus de carburant que beaucoup de voyageurs ne l'imaginent. Un Boeing 737, l'appareil le plus utilisé sur les vols européens, consomme en moyenne 2 200 kilogrammes de kérosène par heure.

💡 Pour un vol de Bruxelles à Barcelone, cela représente environ 4 000 kilogrammes, soit quelque 5 000 litres.

Par passager, la consommation reste raisonnable : en moyenne 0,030 litre par passager par kilomètre. Mais ramenés à des milliers de vols par jour, les chiffres deviennent vite colossaux. Schiphol seul consomme environ 30 millions de litres de kérosène par jour.

Le carburant d'aviation (Jet A-1) n'est par ailleurs pas un produit que l'on peut remplacer facilement. Il doit répondre à des normes de sécurité internationales strictes. Les raffineries européennes peuvent augmenter leur production, mais pas suffisamment pour compenser l'intégralité des importations perdues.

Que disent les compagnies aériennes ? 

Lufthansa avertit qu'en cas de blocage persistant, elle devra immobiliser jusqu'à 40 avions cet été. Le patron de Ryanair, Michael O'Leary, estime que 5 à 10 % des vols en mai, juin et juillet pourraient être supprimés.

 

L'organisation faîtière des aéroports européens ACI Europe indique qu'une pénurie structurelle menace dans les trois semaines si la situation ne change pas. L'organisation professionnelle BARIN s'attend à ce que les premières annulations interviennent dès fin avril ou début mai.

 

Entre-temps, les prix du kérosène ont fortement augmenté. En une seule journée, le prix par tonne de carburant d'aviation a bondi de 300 dollars, pour atteindre 1 900 dollars la tonne. Les compagnies aériennes européennes et asiatiques se disputent les mêmes stocks limités.

Quels vols sont les plus à risque ?

Toutes les routes ne sont pas également vulnérables. Les compagnies supprimeront en priorité les vols longs et moins rentables, notamment vers l'Asie du Sud-Est. « Vers ces destinations en particulier, moins de vols partiront d'Europe », prévoit le président de BARIN, Marnix Fruitema.

La Belgique s'en sort relativement bien par rapport à des pays comme le Royaume-Uni, le Portugal et le Danemark, qui dépendent davantage du kérosène transitant par la route d'Ormuz.

💡 Brussels Airlines signale pour l'instant aucun problème et travaille à des plans d'urgence, comme emporter du carburant supplémentaire ou prévoir des escales techniques.

Les vols intra-européens sont moins exposés que les routes intercontinentales.

Que faire en tant que voyageur ?

Quatre conseils concrets :

  • Réservez tôt. Les prix des billets peuvent augmenter jusqu'à 9 % en raison de la pénurie de kérosène.
  • Vérifiez votre assurance voyage. Toutes les polices ne couvrent pas l'annulation due à une pénurie de carburant. C'est encore un flou juridique.
  • Suivez les mises à jour de votre compagnie aérienne. Les vols intercontinentaux sont les plus à risque ; les vols européens courts sont pour l'instant plus stables.
  • Prenez le train pour les courtes distances. Bruxelles-Paris, Bruxelles-Amsterdam et Bruxelles-Londres sont facilement accessibles sans avion.

Les prochaines semaines diront si le détroit d'Ormuz sera rouvert.

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