Une hausse annoncée, puis effacée en dix jours
Le samedi 1er août 2026, le prix maximum du diesel B7 a pris 3,6 centimes. Il est passé à 2,289 € le litre. C'était son plus haut niveau depuis début avril, quand il avait frôlé les 2,50 €. Le B10, moins répandu en Belgique, a grimpé encore plus fort, de 8,3 centimes. La cause est connue : la guerre au Moyen-Orient tend les cours du pétrole depuis mars. Surtout, elle les rend très instables.
La suite n'a pas suivi. Dans la semaine, les cotations se sont détendues. Le plafond est redescendu à 2,211 € au 10 août, soit 7,8 centimes de moins qu'au pic. L'essence 95 E10 a reculé encore plus vite, de 9,1 centimes.
| Carburant | Prix maximum | Sur un an |
|---|---|---|
| Diesel B7 | 2,2110 €/L | +28,8 % |
| Diesel B10 | 2,2030 €/L | Non comparable |
| Essence 95 E10 | 1,8660 €/L | +14,7 % |
| Essence 98 E5 | 1,9880 €/L | Non relevé |
| LPG | 0,8170 €/L | Non relevé |
Un chiffre mérite qu'on s'y arrête. L'écart entre le diesel et l'essence 95 atteint 34,5 centimes par litre. Sur douze mois, le diesel a pris 49 centimes, l'essence seulement 24. Le carburant réputé économique ne l'est plus. Le calcul au kilomètre le confirme plus bas.
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Le « prix maximum » n'est pas le prix que vous payez
La Belgique est l'un des rares pays d'Europe à encadrer le prix des carburants. Le mécanisme s'appelle le contrat-programme et date de 1974. Chaque jour, le département Énergie du SPF Économie calcule un plafond. Il se base sur les cotations des produits finis à Rotterdam. Vendre au-dessus est interdit. Vendre en dessous est parfaitement autorisé.
Un titre qui annonce « le diesel passe à 2,289 € » ne décrit donc pas votre plein. Il décrit une limite. Les stations d'autoroute collent au plafond. Les grandes surfaces et les automates sans personnel s'en écartent souvent de 10 à 20 centimes. Sur un réservoir de 50 litres, cet écart pèse plus lourd que la hausse annoncée.
Le dispositif lisse aussi les à-coups. Un baril qui s'envole en 24 heures ne se retrouve jamais entièrement à la pompe le lendemain. L'inverse est vrai aussi : quand le baril chute, la baisse met plusieurs jours à arriver.
Où passent réellement vos 2,21 €
Sur chaque litre de diesel, plus de la moitié part en impôts. Au 31 décembre 2025, la fiscalité pesait 53 % du prix maximum du diesel. Sur l'essence 95 E10, elle montait à 55 %. Ce sont les chiffres de la fédération pétrolière belge. Le reste couvre le prix ex-raffinerie, la marge et les coûts de distribution. S'y ajoute une petite cotisation pour les stocks stratégiques.
Cette mécanique a un effet contre-intuitif. Les accises sont fixées en valeur absolue, autour de 60 centimes par litre. Elles ne bougent pas quand le baril s'agite. La TVA de 21 %, elle, s'applique sur le total, accises comprises. Vous payez donc une taxe sur une taxe. Quand le produit brut s'envole, la part de l'impôt baisse en pourcentage. Mais son montant en euros, lui, augmente.
Ce surplus de recettes a nourri le débat sur le cliquet inversé au printemps 2026. Le principe : baisser temporairement les accises quand les prix flambent. L'État rend ainsi la TVA supplémentaire qu'il encaisse. Le MR a porté l'idée, le kern l'a écartée en avril. La loi-programme prévoit au contraire une hausse des accises sur l'essence et le diesel au 1er janvier 2027. La pression fiscale ne va donc pas se relâcher.
Ce que la pompe annonce pour votre cuve à mazout
Voilà le point que les articles sur le prix à la pompe oublient presque toujours. Il concerne pourtant un tiers des ménages belges. Le diesel routier et le mazout de chauffage sont le même produit de raffinage, un distillat moyen. Seuls les séparent un marquage et une fiscalité très différente. Quand le diesel monte à Rotterdam, le mazout monte le même jour. Le prix du mazout en Belgique a suivi la courbe du carburant au centime près cet été.
Les chiffres sont parlants. Le mazout a culminé autour de 1,43 € le litre le 4 août, pour les commandes de moins de 2 000 litres. Il est retombé à 1,27 € le 9 août, soit environ 11 % de baisse en cinq jours. Sur une commande de 1 500 litres, ces cinq jours valent 240 €. Aucune négociation ne vous fera gagner autant que le choix de la date.
Reste la question qui fâche. Pourquoi 94 centimes d'écart entre le diesel et le mazout, pour un produit quasi identique ? La réponse tient en un mot : l'accise. Elle atteint environ 60 centimes par litre sur le carburant routier. Sur le gasoil de chauffage, elle tombe à 23 € par 1 000 litres, soit 2,3 centimes le litre. Avec la TVA de 21 % par-dessus, ce seul écart explique près de 70 des 94 centimes. Le pétrole, lui, coûte le même prix aux deux.
Cette fiscalité rend aussi le mazout plus nerveux. Peu taxé, il suit presque entièrement les mouvements du produit brut. Le diesel, lui, garde un matelas fiscal qui amortit les variations. Un même mouvement de marché fait donc bouger votre facture de chauffage bien plus fort, en proportion, que votre plein. C'est un argument de plus si vous étudiez un chauffage qui ne dépend pas du baril.
Diesel, essence, LPG ou électrique : le coût réel aux 100 km
Un prix au litre ne veut rien dire sans la consommation. Aux tarifs du 10 août 2026, le résultat surprend : le diesel et l'essence coûtent la même chose au kilomètre. Le gazole avait deux avantages, une fiscalité plus douce et un moteur plus sobre. L'écart de 34,5 centimes au litre les a effacés.
| Motorisation | Consommation retenue | Coût aux 100 km |
|---|---|---|
| Diesel B7 | 5,5 L | 12,16 € |
| Essence 95 E10 | 6,5 L | 12,13 € |
| LPG | 8,5 L | 6,94 € |
| Électrique, recharge à domicile | 18 kWh à 0,35 €/kWh | 6,30 € |
| Électrique, borne rapide | 18 kWh à 0,69 €/kWh | 12,42 € |
La recharge à domicile reste imbattable. Sur borne rapide, elle perd tout son avantage : le kilomètre revient au prix du diesel. Le calcul de l'électrique se joue donc sur le lieu de recharge, pas sur la motorisation. Dernier point : un litre acheté 15 centimes moins cher fait gagner près de 1 € aux 100 km. C'est plus que l'écart entre diesel et essence.
Questions fréquentes sur le prix des carburants en Belgique
Les questions qui reviennent le plus souvent auprès de nos conseillers depuis le début de l'été.
Avant. Un nouveau prix maximum s'applique le lendemain de son annonce. Vous avez donc une journée complète pour faire le plein au tarif de la veille. Après l'annonce d'une baisse, patientez plutôt un jour ou deux. Les stations écoulent d'abord le carburant acheté au prix fort, et toutes ne répercutent pas la baisse tout de suite.
Parce qu'il est beaucoup moins taxé, alors que c'est le même distillat de raffinage. L'accise atteint environ 60 centimes par litre sur le carburant routier. Sur le gasoil de chauffage, elle tombe à 23 € par 1 000 litres, soit 2,3 centimes le litre. Avec la TVA de 21 % par-dessus, cet écart explique à lui seul près de 70 des 94 centimes de différence constatés en août 2026.
Il n'est pas d'actualité. Ce mécanisme réduit temporairement les accises quand les prix flambent. L'État restitue ainsi la TVA supplémentaire qu'il encaisse. Le MR l'a défendu au printemps 2026, le kern l'a écarté. La loi-programme prévoit au contraire une hausse des accises sur l'essence et le diesel au 1er janvier 2027.
Indirectement, oui. Le pétrole, le gaz naturel et le charbon réagissent aux mêmes tensions géopolitiques. Et en Belgique, ce sont souvent les centrales au gaz qui fixent le prix de gros de l'électricité. C'est pourquoi l'été 2026 a vu grimper le carburant, le mazout et les contrats d'énergie en même temps. Les tarifs fixes proposés en août affichaient jusqu'à 27 % de hausse sur le gaz.
Prix maximum officiels relevés le 10 août 2026 dans le cadre du contrat-programme du SPF Économie. Répartition fiscale d'après la fédération pétrolière belge. Évolution du prix du mazout d'après les relevés de Callmepower. Chiffres vérifiés le 10 août 2026.