Les chiffres du dispositif

Le futur cadre d'indemnisation en un coup d'œil

4,5

Capacité totale visée
par catastrophe naturelle

Objectif annoncé par le ministre

1,95

Capacité du secteur
de l'assurance

188 % des primes incendie (2025)

1,95

Engagement minimal
des trois Régions

Réparti au prorata des primes

2,3

Dégâts des inondations
de juillet 2021

Wallonie

Pourquoi un nouveau cadre était devenu nécessaire

En Belgique, les catastrophes naturelles sont couvertes par l'assurance incendie depuis la loi du 17 septembre 2005. Tout contrat « risques simples » — c'est-à-dire l'assurance habitation classique — inclut obligatoirement l'inondation, le débordement et le refoulement d'égouts publics, les tremblements de terre ainsi que les glissements et affaissements de terrain. Cette part de la couverture n'est pas optionnelle et ne peut pas être retirée.

Le problème n'a jamais été la garantie elle-même, mais son plafond. Chaque assureur n'intervient qu'à concurrence d'une limite légale, calculée en pourcentage des primes incendie qu'il encaisse. Au-delà, la question de savoir qui prend le relais restait floue — et c'est exactement ce qui s'est produit en juillet 2021, lorsque les inondations en Wallonie ont provoqué environ 2,3 milliards d'euros de dégâts.

La limite d'intervention a déjà été relevée une première fois. Depuis le 1er janvier 2024, la limite individuelle de chaque assureur est passée de 45 % à 188 % de l'ensemble des primes qu'il perçoit en assurance incendie risques simples. Sur la base des chiffres 2025, cela représente environ 1,95 milliard d'euros mobilisables par le secteur.

Restait donc la question du « et si ». Un événement climatique d'ampleur exceptionnelle peut dépasser cette capacité, et rien ne prévoyait alors clairement l'articulation entre les assureurs, les Régions et le Fonds des calamités. C'est ce vide que le nouveau dispositif entend combler.

Les trois niveaux d'intervention prévus

David Clarinval, Vice-Premier ministre et ministre de l'Emploi, de l'Économie et de l'Agriculture, a obtenu un accord informel des assureurs et des Régions autour d'une architecture en cascade. Chaque niveau ne se déclenche que lorsque le précédent est saturé.

Niveau 1
L'assurance incendie
1,95 md €
Le secteur mobilise 188 % des primes incendie encaissées en Belgique. C'est le régime déjà en vigueur aujourd'hui.
Niveau 1-bis
La capacité complémentaire
jusqu'à 2,6 mds €
Une tranche additionnelle portant l'effort du secteur à 250 % des primes, sous réserve de la capacité réelle du marché de la réassurance et d'une analyse d'impact sur les primes.
Niveau 2
Les Régions en dernier ressort
1,95 md €
Pour une catastrophe extrême dépassant la capacité privée, les trois Régions s'engagent conjointement sur un montant minimal, réparti au prorata des primes de chaque Région.

Trois principes structurent le projet

Au-delà des montants, l'accord repose sur des engagements qui concernent directement les assurés. Ils ont été posés comme des conditions de l'équilibre général du dispositif.

  • aucun moyen fédéral supplémentaire n'est mobilisé, le financement reposant sur le secteur et les Régions ;
  • l'assureur reste l'unique point de contact du client, y compris lorsque le niveau régional est activé ;
  • le niveau des primes ne devrait pas être affecté, la faisabilité du niveau 1-bis étant précisément conditionnée à cette analyse d'impact.

Un calendrier qui court jusqu'en 2027

Un comité de suivi réunissant représentants du gouvernement fédéral, des Régions et du secteur de l'assurance et de la réassurance doit piloter la mise en œuvre. L'objectif annoncé est de finaliser le volet législatif à l'horizon du 21 juillet 2027.

D'ici là, rien ne change dans votre contrat : ce sont les règles actuelles qui s'appliquent, avec la limite d'intervention de 188 % en vigueur depuis 2024.

Ce que couvre déjà votre assurance aujourd'hui

Si vous avez une assurance habitation, vous êtes couvert pour les catastrophes naturelles, que vous soyez propriétaire ou locataire. La garantie porte sur le bâtiment et, selon votre contrat, sur le contenu. Nos guides détaillent le fonctionnement de la garantie inondation et l'ensemble des garanties de l'assurance habitation.

Deux limites méritent toutefois votre attention, car elles reviennent systématiquement après chaque épisode de fortes pluies.

Votre voiture n'est pas couverte par l'habitation
Un véhicule inondé relève de l'assurance auto, pas de l'assurance incendie du logement. Seule une omnium ou une garantie forces de la nature intervient. Voir notre guide sur les catastrophes naturelles en assurance auto.
Les zones à risque délimitées
Un assureur peut refuser la garantie inondation pour un bien construit dans une zone à risque officiellement délimitée, après la désignation de cette zone. Vérifiez ce point avant tout achat immobilier.

Les réflexes après un sinistre

La procédure ne change pas avec le nouveau cadre : votre interlocuteur reste votre assureur ou votre courtier, jamais la Région. Quelques gestes conditionnent toutefois la qualité de votre indemnisation.

  • déclarez le sinistre le plus vite possible, en respectant le délai prévu à votre contrat ;
  • photographiez et filmez les dégâts avant tout nettoyage ou évacuation de mobilier ;
  • conservez les biens endommagés jusqu'au passage de l'expert, ainsi que les factures d'achat que vous retrouvez ;
  • notez les frais engagés en urgence (pompage, hébergement, séchage), souvent pris en charge ;
  • demandez une copie du rapport d'expertise avant d'accepter une proposition d'indemnisation.

Vérifier son contrat avant la saison des pluies

Le point le plus souvent négligé est la valeur de reconstruction déclarée. Sous-évaluée, elle expose à la règle proportionnelle : l'indemnité est réduite dans la même proportion que la sous-assurance. Vérifiez aussi le montant assuré pour le contenu, ainsi que le niveau de votre franchise.

Si votre logement dispose d'une cave, d'un garage en sous-sol ou d'un jardin en pente, examinez les conditions particulières relatives aux biens situés en sous-sol : les plafonds y sont fréquemment réduits.

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Questions fréquentes

Non. Le dispositif est encore au stade de l'accord politique et le volet législatif est visé pour juillet 2027. Vous restez couvert selon les règles actuelles, avec la limite d'intervention de 188 % des primes incendie en vigueur depuis le 1er janvier 2024.

Ce n'est pas ce qui est annoncé. L'un des principes du projet est l'absence d'impact sur les primes, et la tranche complémentaire du niveau 1-bis est justement conditionnée à une analyse d'impact tarifaire. Cela n'exclut pas les hausses liées à l'indexation ou au coût des sinistres, qui suivent une logique distincte.

Non. Depuis la loi de 2005, la couverture des catastrophes naturelles est obligatoirement incluse dans tout contrat d'assurance incendie « risques simples ». Il n'existe pas d'option à cocher : si vous avez une assurance habitation, vous avez la garantie inondation.

Oui, dans un cas précis : lorsque le bien a été construit dans une zone à risque officiellement délimitée, après la désignation de cette zone. C'est un point à vérifier impérativement avant l'achat d'un bien immobilier, car il conditionne votre assurabilité.

Non. Le véhicule relève exclusivement de l'assurance auto. Il faut une omnium ou une garantie forces de la nature pour être indemnisé. La RC auto seule ne couvre pas les dégâts subis par votre propre véhicule.

Votre assureur ou votre courtier, dans tous les cas. C'est l'un des principes du futur cadre : l'assureur reste l'unique point de contact du client, même si le niveau d'intervention régional est activé en arrière-plan.