Les repères à retenir

Ce que dit le cadre belge

6

Risques obligatoires
en assurance habitation

Le cyber n'en fait pas partie

1

Délai légal de remboursement
par la banque

Au plus tard fin du 1er jour ouvrable

VII.43

Article du Code
de droit économique

Opérations de paiement non autorisées

0

Volet responsabilité civile
dans les polices particuliers

Selon la fédération du secteur

Le cyber ne fait pas partie des garanties obligatoires

En Belgique, la loi impose une liste fermée de risques que tout contrat d'assurance habitation dite « risques simples » doit couvrir. Cette liste comprend l'incendie, la tempête, la grêle, la pression de la neige ou de la glace, les catastrophes naturelles et le terrorisme. Elle ne comprend pas le piratage, l'hameçonnage ni l'usurpation d'identité.

La conséquence est directe : votre assurance habitation de base ne vous couvre pas contre une attaque informatique, et aucune réforme n'a changé cela. Si une protection cyber existe dans votre contrat, c'est parce qu'elle y a été ajoutée — pas parce qu'elle s'y trouve par défaut. Le détail de ce que votre police protège réellement figure dans notre guide des garanties de l'assurance habitation.

Ce que couvrent réellement les extensions cyber

Des garanties destinées aux particuliers existent bel et bien sur le marché belge, sous forme de module ajouté à une assurance habitation, à une assurance familiale ou à un package bancaire. Leur contenu varie fortement d'un assureur à l'autre, mais deux constats reviennent partout.

Ce qu'on y trouve le plus souvent

Les modules cyber grand public tournent autour de l'assistance et de la remise en état, plus que de l'indemnisation de grands montants.

  • l'assistance en cas de piratage d'un compte ou d'un appareil, avec accès à un service technique ;
  • la prise en charge de la perte financière directe après une fraude en ligne, dans la limite du plafond souscrit ;
  • l'accompagnement en cas d'usurpation d'identité, y compris les démarches administratives ;
  • parfois un volet réputation en ligne, ou la protection des achats sur internet.

Les deux limites structurelles

La première est le plafond. Ces couvertures sont décrites comme souvent limitées : le montant assuré par sinistre est bien plus modeste que sur les contrats destinés aux entreprises, et il est fixé police par police.

La seconde est plus structurante : la fédération du secteur relève que les polices cyber des particuliers ne comportent pas de volet responsabilité civile. Concrètement, si votre ordinateur infecté sert de relais à une attaque qui cause un dommage à un tiers, ce n'est pas là qu'il faut chercher votre couverture. Selon les circonstances, c'est du côté de votre assurance familiale que la question se posera.

Avant de souscrire, la seule démarche utile est de faire préciser par écrit trois éléments : les événements couverts, le plafond par sinistre et par an, et ce qui est explicitement exclu. Nos pièges à éviter en assurance détaillent la méthode.

Argent volé par hameçonnage : c'est la banque, pas l'assureur

C'est le point que la plupart des victimes découvrent trop tard, et c'est le plus protecteur. Quand de l'argent quitte votre compte sans votre autorisation, votre recours principal n'est pas une assurance : c'est une obligation légale qui pèse sur votre prestataire de services de paiement.

L'article VII.43 du Code de droit économique impose au prestataire de services de paiement de rembourser immédiatement le payeur du montant d'une opération non autorisée, dès qu'il en a connaissance ou qu'il en est informé, et au plus tard à la fin du premier jour ouvrable suivant. La seule échappatoire prévue est le soupçon de fraude, et encore : le prestataire doit alors communiquer ses motifs par écrit au SPF Économie.

Le premier réflexe après une fraude n'est donc pas d'appeler votre assureur, mais de faire opposition et de signaler l'opération à votre banque, sans attendre. Le délai légal ne commence à courir qu'à partir de ce signalement.

L'exception : la négligence grave, à charge de la banque

La banque peut refuser le remboursement si elle démontre que l'opération résulte d'une négligence grave de votre part — communiquer son code PIN par téléphone en est l'exemple type. Deux garde-fous encadrent cette exception, et ils sont essentiels à connaître.

  • la charge de la preuve pèse sur la banque, pas sur vous ;
  • un refus doit vous être communiqué, et la décision doit être transmise par écrit au SPF Économie.

La jurisprudence récente va plus loin : lorsque la banque estime que le client a commis une négligence grave, elle doit d'abord rembourser, puis établir cette négligence devant les tribunaux pour récupérer les fonds. L'ordre des opérations n'est pas un détail — il change complètement la position de la victime pendant la procédure.

L'hameçonnage ne se limite plus au courriel. Les mêmes tentatives circulent par SMS — on parle alors de smishing — et par code QR, désigné sous le terme de quishing. Un QR code collé sur un horodateur ou glissé dans un faux courrier renvoie vers une page de paiement imitée. Le principe de vigilance est identique : aucune banque belge ne vous demandera jamais vos codes, ni par téléphone, ni par message, ni via un lien.

Maison connectée : la question à poser à votre assureur

Serrures pilotées par smartphone, caméras, alarmes reliées au wifi, sonnettes vidéo : l'équipement des logements belges progresse plus vite que la rédaction des contrats. Une zone d'incertitude apparaît, et elle mérite une question écrite plutôt qu'une supposition.

La garantie vol d'une assurance habitation s'appuie classiquement sur des indices matériels d'intrusion. Un cambriolage réalisé en compromettant une serrure connectée, sans forcer quoi que ce soit, ne laisse pas ces traces. Comment votre assureur traite-t-il ce cas ? C'est à lui de le dire, et la réponse varie selon les polices — c'est précisément pour cela qu'il faut la demander avant le sinistre, et la conserver.

Trois questions suffisent à cadrer le sujet auprès de votre courtier ou de votre assureur.

  • un vol commis sans effraction matérielle, via un équipement connecté, est-il indemnisé au titre de la garantie vol ?
  • les appareils connectés eux-mêmes sont-ils couverts, et à quelle valeur ?
  • une négligence de ma part sur la sécurité informatique du logement peut-elle m'être opposée ?

Le même raisonnement vaut pour les appareils mobiles, dont la protection relève d'un contrat distinct : voir notre page sur l'assurance GSM.

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Questions fréquentes

Non. La liste des risques obligatoires en assurance habitation « risques simples » comprend l'incendie, la tempête, la grêle, la pression de la neige ou de la glace, les catastrophes naturelles et le terrorisme. Le cyber n'y figure pas. Une protection cyber n'existe dans votre contrat que si elle y a été ajoutée en extension.

Cette affirmation circule en ligne, mais nous n'avons trouvé aucune source belge officielle pour l'étayer. La fédération du secteur décrit la situation inverse : chez les particuliers, les garanties cyber sont ajoutées en extension de contrats existants et sont souvent limitées, avec des montants fixés par chaque assureur. Il n'existe pas de plafond standard imposé au niveau national.

Votre banque, en priorité, et immédiatement. L'article VII.43 du Code de droit économique impose au prestataire de services de paiement de rembourser une opération non autorisée au plus tard à la fin du premier jour ouvrable suivant votre signalement. Ce délai ne démarre qu'au moment où vous prévenez. Une éventuelle garantie cyber n'intervient qu'en complément.

Uniquement si elle démontre une négligence grave de votre part, comme la communication de votre code PIN par téléphone. La charge de la preuve lui appartient, un refus doit être transmis par écrit au SPF Économie, et la jurisprudence récente considère qu'elle doit d'abord rembourser avant d'établir cette négligence devant les tribunaux pour récupérer les fonds.

C'est la question à poser par écrit à votre assureur avant tout sinistre. La garantie vol s'appuie traditionnellement sur des indices matériels d'intrusion, qu'une serrure connectée compromise ne laisse pas. Le traitement varie d'un contrat à l'autre : demandez une réponse écrite et conservez-la.

Non, et c'est une limite structurelle : selon la fédération du secteur, les polices cyber destinées aux particuliers ne comportent pas de volet responsabilité civile. Si votre appareil infecté cause un préjudice à un tiers, la question se posera plutôt du côté de votre assurance familiale, selon les circonstances.